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Le cancer demeure la première cause de décès au Québec et au Canada. Les projections épidémiologiques de la Société canadienne du cancer confirment qu’environ 1 Canadien sur 4 mourra d’un cancer, et que près de la moitié de la population recevra un diagnostic d’oncologie. Face à cette crise de santé publique, la complexité des complications cutanées s’accentue. Pour les professionnels en soins infirmiers, la maîtrise clinique des plaies malignes et des brûlures de radiothérapie (radiodermites) est devenue une compétence essentielle pour garantir la qualité de vie des patients.
La réalité invisible des plaies malignes en oncologie
Une plaie maligne, ou plaie tumorale, survient lorsqu’une tumeur primitive ou une métastase infiltre et rompt les tissus cutanés. Ces lésions chroniques et complexes ne suivent pas un processus de cicatrisation standard. Elles se caractérisent par des défis cliniques majeurs :
- Odeurs nauséabondes : Provoquées par la prolifération de bactéries anaérobies dans les tissus nécrosés.
- Exsudat abondant : Nécessitant une gestion rigoureuse pour éviter la macération de la peau périlésionnelle.
- Saignements fréquents : Dus à la fragilité de la vascularisation tumorale.
- Douleurs intenses : Liées à l’invasion des terminaisons nerveuses.
L’approche infirmière pour ces plaies migre souvent vers une philosophie de soins palliatifs. L’objectif principal n’est plus la cicatrisation de la plaie, mais le confort, le contrôle des symptômes et la préservation de la dignité du patient.
Brûlures de radiothérapie : Un enjeu quotidien pour la peau
La radiothérapie externe endommage fréquemment l’intégrité des structures cutanées dans la zone ciblée. La radiodermite se manifeste sous plusieurs formes :
- Érythème et desquamation sèche : Sensation de brûlure vive, tiraillements et rougeurs.
- Desquamation humide : Perte de l’épiderme exposant le derme, accompagnée d’un suintement douloureux et d’un risque élevé d’infection.
Le personnel soignant doit intervenir rapidement pour prévenir l’interruption des traitements anticancéreux, ce qui compromettrait les chances de rémission du patient.
Le rôle distinct des infirmières et des infirmières auxiliaires
Au Québec, la prise en charge des plaies repose sur une synergie interprofessionnelle stricte, définie par le champ de pratique de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) et de l’OIIAQ.
L’infirmière (inf.) : Évaluation et conception du plan de traitement
- Activité réservée : Évaluer la condition physique d’une personne symptomatique (incluant la taille, la profondeur et l’exsudat d’une plaie).
- Rôle clinique : Déterminer le plan de traitement infirmier (PTI), choisir les pansements spécialisés et coordonner les soins avec l’équipe médicale.
L’infirmière auxiliaire (inf. aux.) : Collaboration et application des soins
- Champ de pratique : Contribuer à l’évaluation de l’état de santé et prodiguer des soins de plaies selon une ordonnance ou le plan de traitement de l’infirmière.
- Rôle clinique : Effectuer la réfection des pansements, observer l’évolution tissulaire, appliquer les barrières cutanées et signaler immédiatement tout signe de détérioration ou d’infection.
L'impact capital de la formation continue en soins de plaies
La science de la cicatrisation évolue rapidement, notamment avec l’intégration des technologies de suivi numérique. Il est crucial que les professionnels maîtrisent les guides de pratiques exemplaires du MSSS et de l’INESSS.
Une mauvaise gestion d’une radiodermite ou d’une plaie maligne entraîne des hospitalisations prolongées, des douleurs induites évitables et une détresse psychologique majeure pour le patient et ses proches. La formation continue permet aux équipes d’optimiser l’utilisation des interfaces siliconées, des pansements antimicrobiens et des protecteurs cutanés adaptés.
Conclusion
Le vieillissement de la population indique que les complications cutanées liées au cancer vont continuer de croître au Québec. Investir dans la compétence clinique des infirmières et des infirmières auxiliaires en soins de plaies oncologiques n’est pas une option : c’est un impératif pour offrir des soins humains, sécuritaires et efficaces.



